Complot
L’évolution a fait Homo sapiens omnivore pour sa survie. La civilisation a pu progresser grâce à l’exploitation du travail animal. Peut-on aujourd’hui ignorer le choix de la nature et celui de l’humanité ?
Est-il moral de manger des animaux ? Ceux qui mangent de la viande, s’ils ne tuent pas l’animal lui-même, demandent effectivement que des animaux soient tués pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Ils sont donc eux aussi responsables de leur mort et des douleurs probables qui y sont associées.
C’est une question difficile et controversée puisqu’au moins 95 % des gens mangent des produits dérivés d’animaux, plus ou moins fréquemment. On les appelle des omnivores, car, en plus de la viande, leur régime alimentaire contient des légumes, des fruits, des légumineuses et des noix. Les omnivores mangent donc un peu de tout.
D’autre part, les végétariens s’abstiennent de consommer viande et poisson, principalement pour des raisons éthiques. Ils représentent moins de 5 % de la population des pays industrialisés du G 7. De ce groupe, moins du tiers ne s’alimenterait d’aucun autre produit animal, tel que le lait, les œufs et le miel : les végétaliens et les véganes. Ces derniers tentent en plus de n’utiliser aucun produit d’origine animale comme le cuir, la laine et les plumes.
Végétariens, végétaliens et véganes soutiennent qu’on ne doit pas causer de tort aux êtres sensibles que sont les animaux. Il est immoral d’exploiter, de blesser ou de tuer un animal, à moins que ce ne soit vraiment nécessaire. Et ce serait le cas seulement s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort pour l’humain. Certains pensent même que l’on devrait accorder aux animaux des droits fondamentaux comme la liberté, une vie agréable et une mort de vieillesse.
Est-il possible de défendre sur une base éthique le choix de 95 % de la population mondiale ? Les réflexions suivantes tentent de circonscrire les raisons qui expliquent ce choix. Elles tiennent pour acquis qu’en général les omnivores connaissent la provenance des produits animaux qu’ils achètent au marché et le sort des animaux qui sont tués dans les abattoirs.
Ces réflexions s’inscrivent dans la reconnaissance incontournable de certaines réalités humaines, dont la portée aujourd’hui demeure certes discutable.
Réalité évolutive
Dans sa sagesse, la nature nous a faits omnivores. Notre dentition et notre système digestif le confirment. Manger de tout ce qui est comestible a constitué une stratégie rentable pour l’humanité. Cette approche a été patiemment et progressivement façonnée par les mécanismes de l’évolution au cours de centaines de milliers d’années. Elle permet de diversifier les sources de nourriture. Si l’une vient à se tarir, une autre pourra la remplacer.
Rappelons qu’Homo sapiens, à ses débuts il y a au moins 100 000 ans, a maintes fois frôlé l’extinction. Les chasseurs-cueilleurs mangeaient ce qui leur tombait sous la main et était comestible – c’était une question de survie. Ils sont ainsi peu à peu passés de proies faciles à de redoutables prédateurs. Ils mangeaient des mammifères, des reptiles, des poissons, des mollusques et des insectes. Ils fabriquaient des outils avec des os d’animaux et se couvraient de leur fourrure.
Par ailleurs, un grand nombre de biologistes reconnaissent que la viande a grandement contribué au développement du cerveau humain. Pendant au moins deux millions d’années avant l’arrivée de notre espèce, nos ancêtres hominidés deviennent de plus en plus d’habiles chasseurs grâce à leurs capacités cognitives croissantes (1). Leur cerveau est passé de 650 cc pour Homo ergaster à 1300 cc en moyenne pour Homo sapiens. Sans l’apport nutritif, énergétique et concentré additionnel de la viande, nous serions peut-être demeurés… des singes.
Il y a environ 12 000 ans, les humains ont progressé, peu à peu et dans certaines régions, de chasseurs-cueilleurs nomades à éleveurs et agriculteurs. L’élevage permet de ne plus avoir à traquer et chasser des animaux. L’historique de la domestication des animaux de la figure 1 indique l’époque approximative de ses débuts pour différentes espèces animales. L’agriculture permet d’éviter de passer une bonne partie de la journée à devoir ratisser le voisinage pour trouver des végétaux comestibles. Sans trop craindre la famine, nous avons pu former de grandes agglomérations et jouir des bienfaits de la civilisation.
L’exploitation animale a été essentielle au développement de notre société. L’élevage rend accessible une excellente source de nourriture toute l’année. Le travail animal a décuplé l’énergie disponible pour labourer les champs et transporter les denrées ; l’agriculture dépendait auparavant uniquement du labeur humain. Sans ces cruciales avancées, les progrès civilisateurs auraient été considérablement retardés ou, même, n’auraient pas pu s’accomplir.
Discussion - l’exploitation animale
Une alimentation omnivore semble avoir grandement contribué au développement du cerveau humain, à la survie des chasseurs-cueilleurs et aux progrès de la civilisation. Toutefois, de l’Antiquité au siècle des Lumières, plusieurs grands penseurs ont prôné un régime végétarien, tels Pythagore et Voltaire. La violence faite aux animaux leur répugnait. Sauf en Inde, ces initiatives n’ont attiré qu’une petite minorité d’adeptes. Le végétarisme de ces penseurs n’excluait pas toute forme d’exploitation animale, car la consommation de produits laitiers ou d’œufs a toujours été acceptée.
Il faut ajouter que, dans tous les pays et jusqu’au siècle dernier, cultiver la terre se faisait avec l’aide indispensable de certains animaux : le bœuf, l’âne et le cheval de trait par exemple. Le transport sur de longues distances nécessitait également un cheval rapide qui transportait le cavalier ou tirait la calèche. Cela a été le cas depuis quelque six mille ans jusqu’à l’avènement des locomotives à vapeur. On peut supposer que ni Pythagore ni Voltaire ne marchaient pour aller de ville en ville, mais qu’ils se déplaçaient à cheval. Le développement de la civilisation et de la technologie a largement reposé sur le travail animal.
Par ailleurs, pour une partie appréciable de l’humanité, manger de la viande ou du poisson est aussi toujours aujourd’hui une question de survie. Pensons aux villages de pêcheurs sur les côtes de tous les continents et sur les rives des rivières et des lacs. Pensons aussi aux habitants des régions désertiques ou glacées, tels les nomades de Mongolie ou les Inuits du Grand Nord. De plus, pour un milliard d’humains de pays en voie de développement, les animaux constituent le seul actif pour assurer leur subsistance autant par le travail qu’ils peuvent accomplir que pour l’excellente source de nourriture complémentaire qu’ils leur procurent.
La nécessité évolutive et civilisatrice de l’exploitation des animaux pour l’alimentation et le travail ne présume pas que l’on doive aujourd’hui, sauf exception, la poursuivre. Notre connaissance des éléments nutritifs s’est beaucoup améliorée au siècle dernier – au point où nous pouvons bien nous alimenter en ne consommant que des plantes, ainsi que des suppléments appropriés. Et, notre dépendance du travail animal a presque disparu grâce aux énergies fossiles et à l’électricité.
Par ailleurs, l’évolution a fait d’Homo sapiens une espèce omnivore, qui n’a pu croître et se développer que grâce à cette caractéristique essentielle. Devons-nous considérer qu’il était immoral pour nos ancêtres de manger des animaux ? Devons-nous considérer qu’il était immoral pour eux d’exploiter le travail animal ?
Réalité alimentaire
Nous pouvons, aujourd’hui, nous nourrir seulement de végétaux. Ensemble, ils contiennent des quantités suffisantes de tous les nutriments essentiels pour une bonne santé, sauf au moins un : la vitamine B 12. Les véganes doivent prendre des suppléments synthétiques de cette vitamine, qui n’est présente naturellement que dans des produits animaux. C’est toutefois assez facile de s’en procurer sous forme de comprimés ou d’ajouts spécifiques dans des produits végétaliens transformés.
Mais, ce n’est le cas que depuis tout récemment. Cette vitamine n’a été identifiée qu’au milieu des années 1940. Et la production industrielle par fermentation bactérienne n’a commencé que dans les années 1950. Ainsi, avant cette décennie, il était même impossible de savoir qu’on pouvait souffrir d’une déficience de cette vitamine spécifique. Et, ce n’est que subséquemment qu’on a pu s’en procurer des suppléments commercialisés en grande quantité.
Donc, avant les années 1950, tous ceux qui ne se nourrissaient que de végétaux souffraient nécessairement d’une carence en vitamine B 12 – à moins de consommer des plantes souillées par des déjections animales qui en contiennent. Une déficience de cette essentielle vitamine peut notamment causer une pernicieuse anémie et des troubles irréversibles au cerveau et au système nerveux. Par ailleurs, absorber des excréments, même en petites quantités, peut conduire à contracter de graves maladies.
On peut donc conclure que les végétariens du passé devaient, pour être en bonne santé, au moins consommer certains produits animaux, tels du lait ou des œufs. Les végétaliens courent aussi plus de risques de carence que les omnivores en vitamine B 12 et autres nutriments. Deux sources crédibles en font état :
Extenso, centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal, publie sur son site Web :
« Presque exclusive au règne animal, la vitamine B 12 est trop souvent absente du menu végétalien, et cette carence peut entraîner d’irréversibles dommages neurologiques (2) … »
L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (France) écrit dans son guide alimentaire :
« Sachez que ce type de régime [végétalien] rend très difficile la satisfaction des besoins en acides aminés indispensables, en fer, en calcium et en certaines vitamines. Le suivi d’un régime végétalien à long terme fait courir des risques pour la santé, notamment pour les enfants (3). »
Une étude (4) assez récente en Grande-Bretagne démontre bien que prendre des suppléments de vitamine B 12 est essentiel pour les véganes. Dans un groupe de 689 hommes, séparé également entre véganes, végétariens et omnivores, on a observé une dangereuse déficience de B 12 chez 52 %, 7 % et 0,4 % des sujets respectivement (figure 2). Ceux dont les niveaux de cette vitamine étaient suffisamment bas (appauvris) pour risquer de subir une déficience dangereuse étaient respectivement de 21, 17 et 1 %. Ainsi, seulement 27 % des véganes auraient eu un niveau suffisant de vitamine B 12. Ce qui correspond approximativement au pourcentage des véganes qui auraient pris régulièrement des suppléments de vitamine B 12.
L’éducation à une bonne alimentation a toujours été hautement souhaitable. Elle l’est doublement pour ceux qui choisissent de ne se nourrir que de plantes. Ceux qui militent pour le végétalisme sont naturellement bien renseignés à ce sujet, mais on ne peut présumer que la population en général le serait ou qu’elle s’en préoccuperait efficacement. D’autant plus qu’elle est bombardée par toutes sortes de publicités qui vantent les produits alimentaires transformés contenant beaucoup de sucre, de sel et de gras.
Discussion - alimentation
De grandes associations diététiques nationales, dont celles du Canada, du Royaume-Uni, de l’Australie et des États-Unis, approuvent les diètes végétariennes et véganes « bien planifiées » (appropriately planned) (5). Elles ajoutent qu’elles sont adéquates pour tous et toutes durant toutes les étapes de la vie, de l’enfance à la vieillesse, incluant la gestation et la lactation.
Cet avis d’experts nationaux indique que ces diètes doivent être bien construites pour s’assurer que la quantité quotidienne de nutriments essentiels soit comblée, incluant les suppléments vitaminiques et minéraux. C’est bien sûr un avis qui s’applique à tout régime alimentaire. Inclure légumes et fruits variés chaque jour préviendra bien des carences, pour les omnivores comme pour les véganes. Puisqu’ils ne consomment pas de produits animaux, ces derniers devront s’assurer d’une ration additionnelle d’une variété de légumineuses, de grains et de noix.
D’autre part, on sait que tout le monde ne peut manger de tout sans risque. Les allergies à différents aliments existent. Certains ne peuvent consommer sans danger arachides, noix, blé, pois, lentilles, etc. Les véganes doivent en tenir compte plus spécialement puisqu’ils excluent la viande, le poisson, les produits laitiers et les œufs comme éléments nutritifs de remplacement.
Ainsi, de façon générale, un régime omnivore est plus aisé à planifier, car il peut s’élaborer à partir d’un plus grand nombre d’aliments différents. Les produits animaux renferment normalement aussi une plus grande variété d’éléments nutritifs puisque les animaux agissent comme des concentrateurs de tout ce qu’ils mangent. N’oublions pas non plus que, contrairement à la viande, aucune légumineuse ne contient tous les protéines et acides aminés essentiels (sauf le soya) (6). Les végétaliens doivent donc faire un bon choix de différents types de légumineuses et de céréales pour s’assurer d’un apport nutritif quotidien complet en acides aminés.
Les véganes se demandent parfois pourquoi insister sur le fait qu’ils doivent prendre des suppléments de vitamine B 12. Les omnivores ne prennent-ils pas eux-mêmes des suppléments de vitamine D dans le lait et d’iode dans le sel ? Toutefois, puisque la vitamine D et l’iode ont toujours été des nutriments essentiels, nos ancêtres ont dû s’en procurer dans les plantes ou les animaux qu’ils consommaient. On peut manger plus de ces aliments ou prendre des suppléments. Pour la vitamine D, ces denrées seraient notamment du saumon, du thon, des œufs ou une brève exposition au soleil. Pour l’iode, certains poissons en contiennent, de même les haricots blancs et les noix de soya, entre autres.
Peut-on aujourd’hui s’alimenter seulement de plantes sans mettre en danger sa santé ? Individuellement, oui : si l’on choisit bien les végétaux pour éviter les carences alimentaires et si l’on prend les suppléments appropriés. Il faut être bien renseigné et porter une attention particulière à son alimentation.
Collectivement, probablement pas avant quelques décennies : il est irréaliste de penser qu’on peut facilement changer les habitudes des gens et les industries alimentaires en place qui emploient de millions de gens et font des milliards de profit. Par ailleurs, il y aurait environ 50 % d’analphabètes fonctionnels au Québec – ce qui rend encore plus ardue la tâche de bien informer la population sur les besoins particuliers d’un régime alimentaire végétalien. Cela n’exclut toutefois pas qu’on ne puisse progressivement y arriver.
Réalité écologique
Chaque espèce animale (et cela inclut les humains) a besoin d’espace et d’autre vie pour s’alimenter. Et, elle le fait forcément aux dépens d’autres espèces (animales ou végétales). Du point de vue évolutionniste dans un environnement donné, les membres d’une espèce qui possèdent les caractéristiques biologiques qui lui permettent de se reproduire le plus auront tendance à dominer dans leur groupe. Plus ils seront nombreux, plus ils auront besoin d’espace pour survivre et s’alimenter.
Les exigences de la survie établissent un équilibre populationnel entre les espèces vivant sur Terre (animaux et humains). La population humaine suit une croissance exponentielle. Elle est passée de quelques millions d’individus il y a 10 000 ans à 7,4 milliards à la fin de l’année 2016. On compte aujourd’hui 230 000 habitants de plus chaque jour sur notre planète. L’usage moyen des ressources naturelles et énergétiques a crû encore plus rapidement.
L’expansion humaine a ainsi nécessité de plus en plus de surface terrestre pour l’agriculture et l’élevage, les habitations et le chauffage. Aujourd’hui, 15 milliards d’arbres sont coupés chaque année sur un total d’environ trois mille milliards (7). Les animaux qui vivaient dans ces forêts, aujourd’hui disparues, ont perdu leur habitat nourricier et cela a contribué à leur perte.
La croissance de l’humanité est donc directement responsable de la mort de milliards d’animaux par an depuis des millénaires. La figure 3 indique le pourcentage de survie des grands mammifères après l’apparition des humains sur différents continents. Peu après l’arrivée des humains, sauf au tout début de l’humanité, 80 à 90 % de ces animaux disparaissent.
La quantité exponentielle de ressources terrestres nécessaire pour satisfaire aux besoins humains a considérablement réduit la biodiversité. Notre planète subit même la plus rapide extinction d’espèces vivantes de tous les temps (8). Un tel constat ne diminue-t-il pas la valeur d’une vie animale sauvage, ainsi éliminée par la progression de notre espèce ?
Discussion - environnement
Un seul aspect de la réalité écologique a été abordé, celui de la niche écologique des espèces et du développement de chacune aux dépens des autres. Il y a beaucoup à dire sur les impacts environnementaux de la consommation de viande et de poissons.
Par exemple, pour un même apport calorifique, l’élevage des bovins exige au total beaucoup plus de surface agricole et d’eau que n’en requièrent l’élevage de la volaille ou la culture de légumineuses. Le calcul des éléments nutritifs apportés par l’une ou l’autre façon de s’alimenter est complexe, mais nettement en faveur des légumineuses dans leur ensemble.
Cela ne signifie pas que nous devrions complètement abandonner l’élevage pour des raisons environnementales qui ne deviendront critiques que dans vingt ans, cinquante ans ou plus. Nous pouvons progressivement réduire notre consommation de viande, en lui réservant une place moins grande dans notre alimentation. De plus, étant donné la surpêche de certaines espèces de poissons, il apparaît nécessaire que l’on songe également à rationaliser cette ressource.
D’ailleurs, il semble acquis qu’il y a surconsommation de viande dans les pays industrialisés et cela conduit à des maladies liées, notamment, à un excès de cholestérol. Les omnivores devraient manifestement mieux planifier leur régime alimentaire et surtout ne pas succomber aux appels d’une publicité qui les incite à une surconsommation nocive non seulement de viande, mais aussi de produits végétaux, tels le sucre, la farine, les huiles, les pommes de terre...
De plus, l’élevage intensif favorise l’usage massif d’antibiotiques pour les animaux ; cela donne lieu à une résistance aux antibiotiques qui menace la santé publique. On doit aussi tenir compte de l’impact de l’élevage sur l’accumulation des gaz à effets de serre. Notre système alimentaire doit s’améliorer vers des pratiques plus durables, tout en nourrissant à coût raisonnable de plus en plus d’humains. Il y a bien sûr une limite à l’expansion démographique humaine sur Terre – même si toute l’humanité était végétalienne.
Pour revenir aux enjeux plus spécifiquement éthiques, notons qu’il est impossible de cultiver la terre sans tuer des animaux. Il y a bien sûr, comme cela a déjà été mentionné, le grand nombre d’animaux tués pour transformer en une terre agricole une forêt ou un champ déjà largement occupés par de petits ou grands mammifères, des oiseaux et des reptiles. Il y a aussi l’inévitable fauchage de nombreux animaux, qui vivent dans des champs cultivés, touchés directement par les machines aratoires ou indirectement en leur enlevant le couvert protecteur des plantes qui s’y trouvaient ; ils deviennent alors des proies faciles pour des prédateurs.
Nous tuons aussi des animaux parce qu’ils ne sont pas les bienvenus dans nos maisons, nos jardins ou nos entrepôts alimentaires. Qui ne tenterait pas d’exterminer la vermine qui infesterait sa maison ou son jardin ? Puisque cela implique des considérations de santé publique, restaurants et entrepôts se sentiront parfaitement justifiés de déposer du poison et de tendre des pièges pour neutraliser les animaux indésirables.
Réalité éthique
L’éthique animale, comme tous les codes d’éthique, doit tenir compte des diverses réalités de terrain. De plus, les règles morales ne peuvent être absolues dans un monde aussi complexe que le nôtre. Examinons quelques aspects de la réalité éthique qui tendent à relativiser la portée de certains avis éthiques véganes envers les animaux.
Accordons-nous à la vie animale autant de valeur qu’à la vie humaine ? Manifestement, non. Si un lion menaçait une vie humaine, nous tuerions le lion. Et, s’il fallait en tuer dix pour sauver un seul humain, nous le ferions également. Il semble bien qu’il n’y ait pas de limites au nombre de bêtes que nous tuerions, hypothétiquement, pour sauver une seule vie humaine. Cela n’implique-t-il pas qu’une vie humaine vaut énormément plus qu’une vie animale ?
Autre exemple. Si une bête d’un troupeau a une maladie contagieuse, on condamnera tout le troupeau à l’extermination de crainte que la maladie ne se répande. Toutefois, lorsqu’un humain souffre d’une maladie contagieuse, on l’isole et on le soigne – même s’il s’agit de l’Ebola ! Cela n’indique-t-il pas clairement que la vie animale vaut beaucoup moins qu’une vie humaine, même si aucune vie humaine n’est en danger ?
En expérimentation animale, encore une fois, on choisit l’humain. Les expériences de laboratoire sont jugées essentielles pour le développement de nouveaux médicaments et de nouvelles procédures médicales ou pour la recherche fondamentale. On ne teste jamais d’abord sur des humains. Le Conseil canadien pour la protection des animaux en science rapporte qu’environ 3,6 millions d’animaux ont servi au Canada en 2015 pour la recherche, l’enseignement et des essais. La figure 4 indique la distribution par espèce des animaux de laboratoire. Environ 45 % étaient des souris ou des rats, 33 % des poissons et 10 % des bovins (9). Ce Conseil élabore des lignes directrices pour minimiser la douleur animale dans les institutions canadiennes de recherche.
Autre point : les véganes acceptent en général un double standard moral envers les animaux selon le type de nourriture disponible dans différentes régions. Les habitants des régions polaires et désertiques peuvent manger des animaux sans remords, disent-ils, parce que c’est pour eux une question de survie. Les habitants des régions où la culture des plantes est possible ne devraient pas consommer des produits animaux parce qu’ils ont le choix de pouvoir facilement ne se nourrir que de plantes. En acceptant que certaines populations puissent éthiquement manger des animaux, les véganes ne laissent-ils pas entendre que manger ou non des animaux n’est pas un principe absolu si important ?
Discussion – considérations éthiques
Plusieurs objections ont été formulées aux considérations éthiques décrites ci-dessus. Examinons-en quelques-unes.
Importance de la vie animale
Il est clair que dans un choix entre une vie humaine et une vie animale, on choisit toujours l’humain. C’est normal s’il n’y a pas d’alternative. On ferait aussi un choix semblable si on avait à choisir entre un humain proche et un humain inconnu. Une mère va d’abord sauver son enfant avant celui d’une étrangère. Cela ne signifie pas son enfant vaut objectivement plus que celui d’une autre mère. Il vaut plus pour elle subjectivement, puisqu’elle l’a enfanté et qu’elle le chérit particulièrement.
Est-ce que cela implique qu’objectivement l’animal vaut autant que l’humain ? Vraisemblablement pas. En cas de dilemme, nous serions prêts à tuer un grand nombre d’animaux pour sauver un seul humain. Délibérément, nous choisissons de faire souffrir et de tuer des dizaines de millions d’animaux dans des laboratoires pour faire avancer la science médicale au bénéfice probable des humains. Pratiquement, nous (véganes inclus) acceptons que les habitants de régions polaires ou désertiques mangent des animaux sans souci éthique.
Il n’est sans doute pas nécessaire qu’une vie animale ait la même valeur qu’une vie humaine pour ne pas manger des animaux. Il suffirait que le bien-être et la vie d’un animal vaillent plus qu’un lunch carné, alors que d’autres choix nutritifs abondent. Devrions-nous alors considérer que les animaux, en tant qu’êtres sensibles, ont les mêmes droits fondamentaux que les humains et qu’il est immoral de les exploiter autant pour leur chair que pour leur travail ou ce qu’ils produisent ?
Cela n’a pas été l’histoire de l’humanité jusqu’à tout récemment. Cette exploitation a même été essentielle pour la survie des humains et le développement de la civilisation, et l’est toujours dans de nombreuses régions de notre planète. Il est sans doute plus réaliste de diminuer cette exploitation d’abord pour les animaux dont la parenté évolutive est plus proche de nous, comme les grands singes. Plusieurs pays européens ont d’ailleurs déjà interdit l’expérimentation animale sur les chimpanzés et autres primates.
Intensité de la souffrance animale
Que les animaux puissent éprouver de la douleur semble un fait bien confirmé par leurs réactions de défense à de mauvais traitements. La douleur constitue une réaction physiologique essentielle pour prévenir les êtres vivants d’un danger imminent à leur intégrité physique. Mais, la souffrance elle-même, qui est un état psychologique, est-elle ressentie au même degré par tous les animaux ? On peut en douter.
Même si les substrats neurologiques des vertébrés sont semblables à ceux des humains, ils sont clairement de moindre ampleur. L’appréciation de la douleur, de sa venue et de sa durée varie vraisemblablement grandement selon les espèces. Par exemple, un chien gravement malade peut être euthanasié sans aucune appréhension de sa mort imminente dont il n’a probablement aucun concept ; un chevreuil pourra continuer de brouter l’herbe à côté d’un autre chevreuil abattu sans bruit à côté de lui ; un dindon pourra picorer le ventre ouvert d’un congénère mort en n’y voyant qu’une source de nourriture. Les animaux vivent dans le moment présent sans conscience de leur propre mort ni de celle de leurs semblables.
Manifestement, un gouffre sépare la conscience animale de la conscience humaine. On peut espérer qu’au-delà de la douleur (comme signal utile de danger) un cerf qui se fait manger vivant par des loups ne souffre pas autant que l’humain qui subirait le même sort. Le système de prédation de la nature peut être très douloureux pour la victime (10). On pèche par anthropomorphisme indu en supposant que les animaux vivent, dans des situations semblables, les mêmes sentiments que nous.
Les militants véganes nous font prendre conscience de mauvais traitements subis par les animaux dans certains abattoirs. Ces images désolantes indiquent le peu de considération pour les animaux qu’auraient certains employés de ces abattoirs, et même certains employeurs. Les études populationnelles n’indiquent toutefois pas que la situation est aussi alarmante que veulent nous le faire croire ces activistes.
La réglementation au sujet du traitement des animaux progresse et tend à leur éviter des douleurs inutiles. Par exemple : il est maintenant interdit de couper la queue des cochons dans plusieurs pays ; l’ablation des testicules se fait maintenant sous anesthésie ; des volières remplaceront les cages à poules ; la date butoir pour se débarrasser des cages de gestation pour les truies est dans sept ans au Canada (11). Toutefois, des manquements graves persistent et doivent être corrigés.
La progression des droits de la personne
Pour soutenir leur position, les véganes amènent souvent l’analogie de la progression des droits de la personne au cours de l’histoire. Durant les siècles derniers, nous avons aboli l’esclavagisme, le sexisme et le racisme. Alors, pourquoi ne pas aujourd’hui abolir le spécisme ? Ne faisons-nous pas justement preuve de spécisme en n’accordant pas aux animaux les mêmes droits que nous ? À mesure que notre degré de civilisation s’accroît, n’avons-nous pas le devoir d’être plus équitables ?
Il s’agit d’une fausse analogie. Exploiter d’autres humains sur une base tribale, sexuelle ou raciale a toujours été répréhensible. D’autre part, l’exploitation animale a été essentielle à la survie de l’humanité et au développement de la civilisation. L’abolition du spécisme n’est pas du tout dans la même veine ni de même nature que celle de l’esclavagisme, du sexisme et du racisme.
Rappelons que ce n’est que depuis une cinquantaine d’années que les végétaliens peuvent s’offrir des suppléments de vitamine B 12 – donc que l’antispécisme est strictement possible sans danger pour la santé humaine. Les végétariens du passé devaient manger des produits laitiers ou des œufs pour obtenir la vitamine B 12 nécessaire.
Rappelons que l’exploitation du travail animal a été une condition essentielle au développement de notre civilisation. Sans l’usage de la force animale, nous cultiverions toujours la terre avec l’énergie bien moindre de nos bras. Aussi, pendant six mille ans, presque tous les déplacements sur de longues distances se faisaient par l’exploitation du cheval.
Les limites de la compassion
Certains véganes soutiennent que l’on doit accorder aux animaux des droits fondamentaux : ils devraient être libres, mener une vie agréable et mourir de mort naturelle. Suivant cette ligne de conduite, voyons ce qu’il adviendrait à trois classes importantes d’animaux.
Les animaux d’élevage disparaîtraient complètement, et dans de pénibles conditions. Personne ne voudrait s’en occuper sans rémunération. Certains pourraient devenir des animaux de compagnie, pour les plus petits d’entre eux et sans doute de façon très limitée. Peu pourraient se débrouiller avec succès à l’état sauvage
Les animaux de compagnie devraient également disparaître. On les prive de la liberté à laquelle ils ont droit et on les exploite. Le chien que vous laissez seul et enfermé à la maison n’est pas libre et il souffre probablement d’anxiété pendant vos longues absences. N’aimerait-il pas gambader quand il en a envie et faire de nouvelles connaissances avec ses congénères ? Aime-t-il les croquettes bourrées de céréales et le nourrissent-elles bien ? N’est-il pas un carnivore ? N’a-t-il pas été sélectionné selon nos besoins en ne tenant pas compte de la consanguinité et de ses dangers pour sa santé ? Les véganes qui ont des animaux de compagnie ne voient pas quels torts ils leur font ni à quel système d’oppression animale ils participent.
Les animaux sauvages devront être parqués dans des réserves, loin des agglomérations humaines. Toute intervention humaine dans leur monde devrait être proscrite, car elle fragilise l’équilibre populationnel que la nature leur procure. Étant donné l’expansion démographique humaine, le nombre et la grandeur de ces réserves diminueront nécessairement avec le temps. Des routes ne devraient pas non plus traverser les campagnes et les forêts puisqu’elles mettent en danger la vie animale qui y réside.
On estime à un million le nombre d’animaux tués par jour sur les routes aux États-Unis seulement (12). La figure 5 montre que plus d’animaux sont tués sur les routes (365 millions par année aux États-Unis) que par la chasse et l’élevage de canards, de bétail et de porcs réunis (320 millions). Si les voitures tuaient par jour aux États-Unis un million d’êtres humains, je pense qu’on bannirait les voitures. Si on ne le fait pas pour protéger les animaux tués sur nos routes, c’est sans doute parce qu’on estime tous que la vie animale vaut beaucoup moins que la vie humaine. Par ailleurs, les véganes désireux de sauver le plus de vies animales possible devraient se préoccuper en priorité des hécatombes animales sur nos routes avant de se soucier de l’élevage du bétail et du porc.
Résumé de l’argumentaire
L’éthique animale soutient que manger des animaux est immoral et que l’on doit s’en abstenir, car cela cause une douleur inacceptable à des êtres vivants sensibles. Elle estime aussi que les animaux possèdent les droits fondamentaux, telles la liberté, une vie agréable et une mort naturelle. En ces deux points, elle apparaît non cohérente et non réaliste.
Cohérence éthique
L’éthique animale végane n’est pas cohérente avec l’usage historique nécessaire du développement de l’humanité et de la civilisation. Les hominidés ont dû se nourrir de viande pour obtenir l’énergie essentielle à leur survie et ainsi doubler la grosseur de leur cerveau. Les chasseurs-cueilleurs homo sapiens ont dû diversifier leur nourriture pour faire face à la famine toujours menaçante. Les humains de l’Antiquité – jusqu’au siècle dernier – ont dû faire l’élevage des animaux pour en partie s’en nourrir et pour exploiter le travail des animaux pour la culture des végétaux comestibles.
Le développement et la survie de l’humanité ont reposé sur des régimes omnivores. Les avancées civilisatrices se sont fondées notamment sur l’essentielle exploitation du travail animal. De plus, une grande partie de l’humanité ne pourrait pas aujourd’hui vivre sans viande ou poisson dans les zones arides ou glacées et sur les berges des mers, des lacs et des rivières. Et, l’essentielle expérimentation animale se poursuit.
Une morale cohérente ne peut accepter ces réalités du passé et du présent tout en proclamant qu’il est immoral pour d’autres humains plus privilégiés de manger des produits animaux ou de les exploiter. Certaines parties de la population humaine pourraient éthiquement manger des animaux, mais cela serait interdit à d’autres ? Une règle morale ne doit-elle pas être universelle ? Sinon, elle affaiblit les principes mêmes sur lesquelles elle se fonde.
Réalisme éthique
L’éthique animale ne tient pas suffisamment compte de la réalité alimentaire sur le terrain. Ceux qui adhèrent à la philosophie végane se renseignent généralement assez bien sur les types et la quantité des aliments qu’ils doivent manger pour ne pas souffrir de carences nutritionnelles. On ne peut penser que toute une population soit aussi bien informée et maintienne à moyen et long terme la persévérance requise pour faire les bons choix alimentaires et prendre les suppléments nutritionnels nécessaires.
L’alimentation végétalienne doit être spécialement bien planifiée. Les grandes associations diététiques nationales le conseillent. D’autres organismes mettent en garde les végétaliens de carences probables à long terme reliées à ce type de régime. Ajoutons qu’une alimentation végétalienne est nécessairement plus difficile à planifier qu’une alimentation omnivore, puisqu’elle exclut la viande, le poisson, le lait et les œufs – aliments particulièrement nutritifs. Les omnivores ont donc un bien plus grand choix d’aliments pour s’assurer de ne pas souffrir de carences nutritionnelles.
La réalité nous amène aussi à reconnaître qu’il y a de nombreuses circonstances qui nous contraignent à tuer des animaux. Si la vermine investit notre maison ou nos entrepôts, on devra s’en débarrasser. Si des animaux sauvages détruisent nos jardins et nos champs, on tentera de les repousser, par la force s’il le faut. Lorsqu’on moissonne les champs, les machines aratoires tuent directement ou indirectement les animaux qui s’y trouvent. Lorsque nous nous promenons en voiture sur les routes, nous tuons collectivement chaque jour des dizaines de millions d’animaux qui s’y seraient par mégarde aventurés.
De nombreux véganes possèdent des animaux de compagnie. Leur reconnaissent-ils vraiment les droits à la liberté, à une vie agréable et à une mort naturelle ? Comme tous ceux qui possèdent de tels animaux, ils doivent les enfermer lorsqu’ils sont absents et les tenir en laisse lors de la promenade quotidienne. Les nourrit-on bien avec des croquettes bourrées de céréales, alors qu’ils sont des carnivores ? N’ont-ils pas été sélectionnés selon nos besoins sans égard pour la consanguinité et de ses dangers pour leur santé ? Cette réalité est bien différente des droits idéaux qu’on pense leur accorder.
Vers une éthique animale réaliste
Cohérence et réalisme éthiques nous amènent à reconnaître que l’exploitation animale a toujours constitué une partie essentielle de la survie et du développement de l’humanité. Cette exploitation demeure même aujourd’hui largement incontournable pour une grande partie de l’humanité vivant en zone côtière, désertique et polaire ou dans des conditions de grande précarité socio-économique.
Une diète omnivore est aussi toujours souhaitable pour une grande partie de l’humanité parce qu’elle rend plus facile le choix des aliments qui éviteront les carences nutritionnelles. Une planification alimentaire adéquate doit naturellement corriger les excès, notamment de gras et de sucre, propres à l’offre actuelle commerciale d’aliments transformés. Nos choix alimentaires doivent aussi favoriser des pratiques d’élevage durables. Et on pourrait tout simplement diminuer notre consommation de viande…
Éviter les douleurs animales inutiles représente un défi important dans un monde où humains et animaux cohabitent et interagissent. Cela nous amène à nous soucier du traitement des animaux d’élevage, de laboratoire et de compagnie. Cela nous pousse à réfléchir sur le sort des animaux qui traversent nos routes ou qui sont menacés d’extinction par la croissance démographique humaine.
L’exploitation du travail animal pour la culture et le transport a presque complètement disparu de nos sociétés industrialisées – non pas par souci éthique du sort de ces animaux, mais parce qu’ils ont été avantageusement remplacés par de la machinerie et des formes d’énergie beaucoup plus performantes.
Des régimes alimentaires composés de produits beaucoup plus nutritifs et appropriés que les sources actuelles feront sans doute finalement disparaître le besoin de l’élevage, et peut-être même de l’agriculture…
Notes
1. Québec Science, août – septembre 2015, pp. 25-27. « Chassé puis chasseur », Joël Leblanc. Incluons dans l’expression « chasseur-cueilleur », en plus de la chasse aux carnivores et aux herbivores, la chasse aux reptiles, aux poissons, aux mollusques et aux insectes.
2. Le centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal – Extenso : http://www.extenso.org/article/a-la-recherche-de-la-vitamine-b12/
3. Institut national de prévention et d’éducation pour la santé – Le guide alimentaire pour tous : http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/581.pdf
4. Serum concentrations of vitamin B 12 and folate in British male omnivores, vegetarians, and vegans: results from a cross-sectional analysis of the EPIC-Oxford cohort study. Gilsing et al : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2933506/
4a. Résultats vulgarisés sur YouTube par le Dr Michael Greger (végane) : https://nutritionfacts.org/video/vegan-epidemic/
5. American Dietetic Association : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19562864 « It is the position of the American Dietetic Association that appropriately planned vegetarian diets, including total vegetarian or vegan diets, are healthful, nutritionally adequate, and may provide health benefits in the prevention and treatment of certain diseases. Well-planned vegetarian diets are appropriate for individuals during all stages of the life cycle, including pregnancy, lactation, infancy, childhood, and adolescence, and for athletes. »
6. Le centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal – Extenso : « Les protéines d’origine végétale ne sont pas d’aussi bonne qualité que celles d’origine animale, car elles ne comptent pas tous les acides aminés essentiels dans les proportions optimales pour notre corps. » http://www.extenso.org/article/il-faut-combiner-deux-sources-de-proteines-vegetales-au-meme-repas-pour-assurer-leur-complementarite/
7. Nature, septembre 2015 : Mapping Tree Density at a Global Scale, T. W. Crowther et coll. http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature14967.html
8. La sixième extinction de masse est en cours : http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/20/la-sixieme-extinction-animale-de-masse-est-en-cours_4658330_3244.html
9. Conseil canadien pour la protection des animaux en science : http://www.ccac.ca/fr_/faits-et-chiffres/donnees-sur-les-animaux/stats-fuae/donnees-2015. Statistiques canadiennes : « près de 700 millions de poulets, quelque 14 millions de porcs et 12 millions de bovins ». (www.nouvelles.umontreal.ca)
10. Réflexions proposées par l’auteur dans « Éthique animale réaliste », Québec sceptique no 88 pages 68-71.
11. Selon les propos de Jean-Pierre Vaillancourt, professeur titulaire de médecine vétérinaire à l’Université de Montréal, lors d’un débat au sujet des droits à accorder aux animaux – rapporté dans le Québec sceptique no 88, p. 58.
12. Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Roadkill
12a. Speaking of research : https://speakingofresearch.com/facts/statistics/
12b. https://speakingofresearch.files.wordpress.com/2008/03/animals-used-by-humans-in-numbers-in-us.jpg